Après une découverte touristique Yucatan et de ses trésors archéologiques  et des magnifiques couleurs des Caraïbes, nous avons rejoint le cœur du Chiapas à San Cristobal.

Changement de type de tourisme…Avec nos amis, nous plongeons dans la réalité de l’Etat du Chiapas auprès des communautés des populations natives du Mexique, mayas, aztèques…. Donc, très loin des images touristiques du Mexique!

Remarque: Au Chiapas, on appelle indigènes, les personnes natives, les peuples racines ou encore les populations pré-colombiennes. Nous utiliserons ce terme souvent mais sans connotation péjorative.

Comme nous l’avions expliqué dans notre dernier article, nous avions rencontré Hélène à Strasbourg dans le cadre du forum des Peuples Racines. Elle accompagnait Herlinda, jeune fille guatémaltèque, représentante de sa communauté, qui venait témoigner de leur réalité très difficile. Herlinda a été formée par l’ONG Madre Tierra Mexico comme promotrice (*). L’organisation de ce forum a permis une redistribution d’une aide financière pour chaque projet porté par chaque peuple représenté.

(*) être promoteur, promotrice, signifie être formé par Madre Tierra pour s’engager à agir au sein de sa communauté, promouvoir des actions dans le domaine de la santé, de l’éducation, des droits humains, de la permaculture. Et avec l’expérience, ces personnes deviennent des responsables au sein des organisations des communautés. Le terme communauté regroupe un ensemble d’habitants au sein d’un même « village ». Au début de notre arrivée à San Cristobal, nous sommes allés à la rencontre de  différentes communautés soutenues par Madre Tierra au cœur du Chiapas. Ce qui nous a permis de comprendre la problématique de ces peuples. C’est ce que nous allons vous partager ci-dessous.

Qui est MADRE TIERRA MEXICO?

Hélène et Julio ont créé l’ ONG MADRE TIERRA en 1997 qui soutient un programme d’autodéveloppement communautaire au Chiapas et au Guatémala. Ils accompagnent les organisations sociales pour former des promoteurs et promotrices dans les domaines de santé, permaculture, souveraineté alimentaire, éducation, culture, droits humains.

L’équipe Madre Tierra est composée d’hommes et de femmes de différentes origines ethniques, religions, cultures, professions. Pour Madré Tierra Mexico, la société n’a pas besoin de scientifiques mais d’êtres humains responsables et solidaires. Les projets reposent donc sur la participation directe des habitants des communautés ou parfois des périphéries urbaines. L’estime de soi des communautés est ainsi valorisée car ce sont les promoteurs issus de ces villages qui se mobilisent aux côtés des habitants pour s’impliquer bénévolement dans les projets soutenus financièrement par l’ONG.

exemples concrets de projets:

-venir en aide aux communautés délogées de force de leurs  terres

-aider à mettre en place des toilettes sèches, lumière, eau…

-former les personnes à la permaculture

-aider les peuples indigènes à retrouver leur dignité et leur confiance en eux

-Lutter contre le racisme à l’égard des communautés

Cette courte vidéo ci-dessous illustre  les actions de Madre Tierra Mexico.

Direction la communauté de Las Albores

Avant le confinement, nous avons pu accompagner Madré Tierra pour aller découvrir une communauté paysanne que soutient l’ONG, vers le sud du Mexique, près de la frontière du Guatemala.

Départ à 6h30, dur dur quand le réveil sonne à 5h30 car on vient de changer d’heure ce week-end (4-5 avril) … Il fait encore nuit et très frais (12 degrés) mais nous savourons cette fraîcheur car nous allons passer 2 jours dans la vallée où nous allons retrouver la grosse chaleur tropicale!! Pendant 1h30, nous empruntons une belle route qui traverse des forêts de pins, paysage montagneux un peu plus élevé qu’à San Cristobal qui se trouve à 2200 m.

Nous traversons La Trinataria (1500m d’habitude) petite ville où Madre Tierra supporte également des communautés indigènes. Pause petit déjeuner, il est 9h . Au Mexique, le petit déjeuner est très copieux car le prochain repas ne sera que vers 14h30-15h.  Au menu: Quesallidas (tortillas fourrées au fromage frais), frijoles (purée de haricots rouges), tortillas, émincés de tomates, oignons, piments, banane plantain frite, omelette, fruits, riz au fromage …La tortilla, galette de maïs accompagne tous les repas, comme le pain en France. Quand elle est bien cuite, elle devient croustillante et s’appelle “toastada”. Quand elle est repliée et garnie, on parle de “quesadilla”.

 

Julio se régale de quesadillas à la sauce “Mole”une spécialité chiapanéque, pour ceux qui aiment les mélanges improbables: sauce à base de cacao, 3 piments différents,  du biscuit et de la cacahouète! Nous ne sommes pas fan du tout !

 

Nous sommes gâtés avec les fruits : ananas, papaye banane, melon, pastèque, ocote, mangues, piñas (fruit du cactus), carambole, ramboutan…Nous avons découvert la mangue – ananas ou encore mange-Pina, délicieuse … par contre,  pas vraiment pratique à manger. Il faut pétrir le fruit avec ses mains, faire une petite ouverture avec la bouche et aspirer la pulpe, un peu comme une gourde mais cela finit toujours par dégouliner sur les mains et les bras ! Mais c’est tellement bon! Une belle trouvaille gustative !

Et que boit-on au Mexique à part la tequila ?!

Les mexicains sont de très gros consommateurs de boissons sucrées, la consommation de Coca Cola est la plus élevée du monde,  supérieure à celle des américains … Pour leur boisson quotidienne, ils ont l’habitude de mixer un peu de fruits (mangues, orange, ananas, caramboles, bananes, papayes, goyaves) avec de l’eau et ils ajoutent 3 cuillerées de sucre…C’est sympa et rafraîchissant. Gloria nous raconte que chez elle, au Guatemala, ils mettent jusqu’à 500g de sucre pour 2 litres d’eau!  Cette surconsommation de sucre est bien sur dramatique pour leur santé.Les mexicains s’offrent énormément du diabète. Ce matin au petit dejeuner, il y avait du jus de Guanavana, un fruit blanc délicieux.

Nous reprenons la route. Il est 10h15 et on amorce la descente vers la plaine : 28 degrés, la température grimpe! Après avoir traversé Comitan, nous  quittons la route principale pour prendre une piste, l’occasion pour Gloria de prendre le volant et faire sa leçon de conduite accompagnée !  Gloria est en formation intensive… en deux mois, elle a déjà bien intégré les règles d’hygiène de base dans une maison, les relations avec les autres, les achats, Word, Excel, PowerPoint et maintenant elle démarre la conduite !

La réalité d’une communauté indigène paysanne Maya

Las Albores de Zapata

Les personnes de cette communauté sont des Tzeltal originaires de San Cristobal oú la terre était très mauvaise, juste bonne pour pour produire du maïs et des haricots.. En 1994, lors de la révolution Zapatiste, le mouvement Ocez (Organisation Paysanne d’Emiliano Zapato) a pu récupérer des terres dans cette zone et ces paysans indigènes sont venus s’y installer. Ils bénéficient actuellement d’une très bonne terre mais ils n’ont pas d’accompagnement technique, ni de matériel pour l’exploiter. C’est pourquoi Madre Tierra intervient dans ce domaine .

Las Albores est une communauté indigène maya Tzeltal  qui ne parle pas espagnol et souffre de discrimination avec les autres communautés voisines . Ces dernières sont d’origine mam et torolabal , ont été acculturées et ne parlent plus leur langue d’origine. Ils ne parlent qu’espagnol. A l’école, les enfants de Las Alborès doivent apprendre l’espagnol qui est la langue d’enseignement. Ce qui rend l’apprentissage plus difficile.

 

Système scolaire misérable

Le niveau de l’école publique est vraiment faible. les jeunes souvent vont à l’école jusqu’à 14 ans, très  rarement au delà du niveau du collège. A l’école primaire, il s’agit toujours d’un apprentissage par cœur. Pour devenir enseignant, la formation est très courte après l’équivalent du collège : 3 mois. Et ces jeunes enseignants, encore mineurs sont affectés aux communautés…Et Madre Tierra nous explique comment le niveau des étudiants qui ont eu la chance de poursuivre leurs études jusqu’à l’équivalent du bac, voire licence reste désespérément très bas. Certaines familles arrivent à se sacrifier pour permettre à leur enfant d’accéder à davantage de formation et au final, ils ne trouvent pas un meilleur job… La jeune voisine a fait une licence en psychologie et finalement travaille au marché à vendre du poisson…

 

C’est parce que nous sommes avec Madre Tierra que nous pouvons pénétrer dans la communauté. Seuls, il aurait été hors de question de s’y rendre, pour des raisons de sécurité. Et nous pourrons même  prendre des photos.

Nous nous désinfectons les mains avec le gel antiseptique avant d’arriver. Dans la communauté, comme les habitants ne sortent pas, il n’ont aucun contact avec des sources possibles de coronavirus. Nous devons être vigilants car les porteurs pourraient être nous- mêmes.

 

Le collège

Les élèves de la communauté doivent marcher 1h30 pour s’y rendre. Récemment une famille de San Cristobal a financé des vélos pour faciliter le déplacement. Le collège regroupe les élèves des communautés environnantes et est financé par l’état. Les enfants de Las Arbores souffrent de discrimination car moins bien habillés, pas toujours aussi propres et ils parlent mal espagnol.

Les maisons

De temps en temps, on voit des maisons construites en dur. Ceci n’est possible que grâce à l’argent envoyé par un membre de la famille qui a réussit à migrer clandestinement aux USA. On les appelle les « chipaneques ». Les opportunités d’une vie meilleure quand on habite dans ces communautés se résument soit à migrer ou pire, plonger dans le narco trafic.

Grandes serres

Quel contraste sur la route! D’un côté, d’immenses serres qui appartiennent à un propriétaire terrien qui y fait pousser des tomates avec beaucoup de produits chimiques de Montesanto. Il emploie les indigènes qui se retrouvent exposés sans aucune protection .

Pour ces populations pauvres, cela reste le seul moyen d’avoir un peu de revenus supplémentaires: 100 pesos (5€) pour une journée de travail! Et de l’autre côté de la piste, cette même terre peu exploitée faute de moyens d’irrigation qui appartient à la communauté de las Albores.

Nous doublons une compagnera qui rentre à  pied à la communauté avec son fardeau bois , même portage qu’au Népal, avec une sangle sur le front. Elle a encore 2 km à parcourir. Ce bois servira à cuisiner. Dans la communauté, les gens s’appellent compagnera, compagnero, termes qui signifient un lien très fort entre les personnes unies pour une même cause: lutter pour leurs droits. 

Eau

Ils reçoivent un peu d’eau d’autres communautés pour l’usage domestique dans des petites citernes en plastique mais pas de possibilité d’arroser des arbres fruitiers ou de semer.  L’association est en train de rechercher une solution par une pompe solaire pour puiser l’eau dans la rivière qui traverse les terres. Ici les maisons sont en bois, avec un toit en tôle.  On trouve un peu d’élevage de chèvres et poules.

Cet homme est en train de construire sa maison en briques de béton. Récemment, chaque famille s’est vue doter de quelques parpaings par le gouvernement, résultat des pressions auprès de l’Etat du Chiapas .

En réalité, il s’agira d’une pièce unique avec un sol en terre battue et un toit en tôles…toujours mieux que sa maison en bois qui menace de tomber.

 

La rivière,  très beau site pour un projet d’écotourisme

Ces terres appartenaient à un propriétaire terrien qui avait installé tout un système d’irrigation avec pompe. Mais lorsqu’il a été expulsé, il a tout détruit. Seul le bâtiment qui sert de lieu de formation « l’Escualita » existe encore. La Terre est très bonne à la base mais elles est recouverte d’une importante couche de sel, liée à l’utilisation abusive d’engrais et pesticides. Et maintenant, il faudra plusieurs années aux paysans pour retrouver une terre saine compatible avec une agriculture bio.

En fait ces terres avaient été accaparées par la Couronne Espagnole au moment de la colonisation. Et ces terres ont été transmises de génération en génération. Et dans les années 1994, quand le mouvement zapatiste a pris les armes, les paysans de Las Albores se sont révoltés pour réclamer leur droit à leurs terres. Les affrontements ont été rudes avec l’armée, il y a eu une femme qui s’est fait tuée. Depuis, la communauté a maintenant  le droit d’exploiter ces terres.

 

 

 

 

Le salut du caracol

Nous faisons le traditionnel rituel de bienvenue par les salutations escargot: le Caracol. L’ensemble des personnes présentes (une trentaine) forme un cercle et à tour de rôle, chacun passe devant nous  en serrant de main gauche à main gauche et en faisant une étreinte de cœur à coeur puis poursuit ce rituel jusqu’à avoir salué l’ensemble des participants. Nous sommes les « invités » donc nous ne bougeons pas et ce sont les autres qui nous saluent…le mouvement ressemble à une spirale de coquille d’escargot. Ce rituel est toujours pratique avant de se mettre au travail pour réaliser collectivement un projet. Nous avions vécu déjà ce rituel à Strasbourg lors du forum des peuples racines. Il s’agit de salutations très engageantes et sincères de cœur à cœur…Madre Tierra a instauré cette salutations dans toutes les communautés qu’elle accompagne . Cela permet de fédérer les personnes qui s’engagent pour travailler ensemble. 

Une vidéo ci-dessous permet de comprendre le principe qui a été filmée dans une autre communauté.

Ensuite des paroles de bienvenue sont dites en espagnol puis dans leur langue native puis Gloria les reprend dans sa langue maternelle popti que les autres ne comprennent pas. Le but est de permettre à ces différentes cultures de se réapproprier  leur langue et d’en être fière. Trop longtemps on s’est moqué d’eux quand ils utilisaient leur langue au point d’en avoir honte.

Les décisions pour organiser la journée sont discutées de façon communautaire. Les tâches seront réalisées collectivement avec les outils personnels. Auparavant, ce type de réunion n’était réservé qu’aux hommes mais à présent les femmes et les jeunes participent au même titre. Madré Tierra a organisé divers ateliers au sein de la communauté pour aborder le sujet de la place de la femme dans la société, son droit à prendre part à l’organisation du village, son droit à être respectée.

Si jamais certains venaient à l’oublier, le message est clair: « La révolution commence à la maison ». C’est la fresque peinte sur le bâtiment qui sert « d’école de formation ».

 

 

Quels sont les projets de la communauté Las Albores?

Toute la population de cette communauté vit de ses récoltes, ce qui souvent reste insuffisant pour couvrir tous les frais liés à la santé, aux besoins courants. Les habitants vivent dans une grande pauvreté.

3€ par jour pour vivre pour une famille

En moyenne, les revenus s’élèvent à 80€/ mois pour une famille de 8 personnes. Quand on sait qu’un kilo de tortillas coute 1,20€….Et qu’ils en mangent plusieurs kilos par jour….La vie est très rude…

L’idée est de développer un centre éco-touristique pour pouvoir avoir un revenu complémentaire pour la communauté. Ils ont déjà construit 3 bassins pour faire de l’élevage piscicole. Les poissons sont à la fois destinés à leur alimentation, cela permet de diversifier un peu et également une partie sera vendue. Le kg de poissons se vend à 70 pesos ( 3€).

Ils ont également construit des piscines qui vont être alimentées par l’eau de la rivière  par un système ingénieux. Ceci va attirer des familles de l’extérieur de la communauté qui devront payer un droit d’entrée (50 pesos soit 2,50€) pour profiter de ces bassins sécurisés pour leurs enfants. Les mexicains adorent venir s’installer au bord des rivières les week-ends. Un parcours est installé pour traverser la rivière : Gloria teste le principe !

 

 

Il y aura également un terrain de foot et de volley . Et dans la forêt, un sentier est en train d’être créé pour permettre aux «touristes du week-end» de s’y promener, à pied, à vélo ou à cheval moyennant  une participation. Des cordes ont être fixées sur un immense arbre au centre de cette forêt, pour pouvoir grimper dans l’arbre de vie .

 

 

Responsabilité communautaire, la vision de Las Albores

La communauté regroupe une cinquantaine de familles convaincues que travailler ensemble leur permettra d’améliorer leur vie. Chaque famille participe aux travaux collectifs et le fruit des revenus sera reparti entre tous.Par exemple, le long du chemin qui conduit à la communauté, chaque famille a creusé 3 trous soit 150 trous déjà faits! Mais reste à trouver le financement des plants d’arbres fruitiers à 200 pesos l’unité (10€) . A terme, une belle allée à la fois esthétique et qui permettra une belle récolte de fruits. 

Karina, 18 ans « compagnera » nous fait visiter la communauté de Las Albores . La communauté dispose d’un bâtiment, ancienne annexe du riche propriétaire terrien qui permet d’organiser les ateliers de formation: « escuallita » petite école de formation.

A côté, une belle parcelle expérimentale en permaculture, mise en place il y a 2 années, permet de démontrer comment conserver cette souveraineté alimentaire.

Fabrication de compost , parcelle arrangée en forme de soleil. Pour les mayas, il symbolise le pouvoir d’illuminer tout le monde , pauvres et riches, noirs et blancs.

Des arbres fruitiers, pastèque,  betteraves, ananas,  maïs guabana, papaye …

Dans un espace fermé, il y a un petit élevage de lapins et  poules côte à côte: l’urine de lapin joue un rôle d’antibiotique pour les poules. Et les fientes de poules servent d’alimentation pour les poissons qu’ils élèvent en bassin! Nous en apprenons tous les jours!

Cuisine collective 

Cette cuisine est utilisée lorsqu’ils se retrouvent ensemble. C’est aussi un exemple de ce que Madre Tierra a initié dans toutes les communautés avec lesquelles elle travaille. Un four écologique a été installé, comme c’et le cas pour chaque maison. En effet ce four écologique à foyer consomme 30% de moins de bois et génère moins de fumées toxiques dans la maison. Et très important, il permet de réduire également les risques de brûlures. Madre Tierra a formé les personnes pour qu’elles fabriquent leur propre « pan », sorte de pain sucré très prisé au Chiapas. Ils pourraient le vendre aux gens qui viendront profiter de la rivière et des piscines , une autre source de revenus possible .


A côté du four, il y a un four à tortillas avec un trou pour poser la poêle d’haricots et une cheminée qui part à l’extérieur. 

Principe des toilettes sèches:

 

A l’intérieur du siège des toilettes, il y a 2 orifices avec une cloison pour séparer l’urine des excréments. L’urine est récupérée dans un bidon et est utilisée en tant que compost.  Quand la fosse est pleine, elle est scellée pour 6 mois de manière à détruire tous les agents pathogènes, et permettre la transformation en compost. Il y a donc 2 fosses dans chaque toilette sèche qui se remplissent tout à tour. Il suffit de changer de place la base des wc, système ingénieux.

Madre Tierra a commencé à construire des toilettes sèches pour chaque famille. La base en maçonnerie avec le moulage des toilettes a été réalisé et la population a monté des cloisons en bambous.

Nettoyage du sentier ENSEMBLE

Nous partons avec le groupe de jeunes outillés de pioches, machettes et râteaux pour nettoyer une partie du chemin de ce sentier destiné aux promeneurs. Ambiance sympa, les pierres sont retirées et les jeunes s’amusent à construire des équilibres en bordure, une manière de les sensibiliser  à l’esthétique, à une forme d’art. C’est génial de les voir collaborer, persévérer pour réussir!

 

 

 

Ramassage des déchets

Il y a énormément de bouteilles vides en plastique de coca, soda qui ont été jetées par terre. Madré Tierra sensibilise la population au problème des déchets. Action nettoyage !

Nous avons même l’occasion de monter à cheval !

 

Mais pas aussi à l’aise qu’eux !

Accueillis dans une famille de la communauté pour les repas

Repas traditionnel autour de tortillas, riz et frijoles (haricots) et pouletLes villageois ne mangent pas souvent de viande (poulet en principe) car cela reste trop cher. Le repas d’aujourd’hui est un repas de fête.

 

 

La pièce principale de la maison

Tout le monde au travail…

 

Nettoyage des piscines

Peinture des pierres qui vont délimiter le parking, les allées

Plantations

 

 

 

Un serpent venimeux dans les parages

Échanges avec un groupe d’une dizaine de jeunes

En soirée, Madre Tierra organise une rencontre avec le groupe de jeunes avec lesquels nous avons travaillé aujourd’hui. Gloria est l’animatrice et chaque jeune doit se présenter à nous. Ils doivent prendre la parole, ce qui n ‘est pas un exercice facile pour eux. Ensuite s’ensuivent des échanges de questions- réponses avec nous à propos de la France, nos loisirs, la religion, notre famille, la question du mariage et en retour nous faisons de même.

 

Nous nous sentons réellement privilégiés d’être là, ce soir à côté de cette magnifique rivière, à écouter ces jeunes adolescents, voire jeunes adultes (15-25 ans) exprimer leur conception de la vie. Nous avons la chance qu’Hélène nous traduise en simultané tout ce qui est dit. Je rappele que nous ne parlons pas un mot d’espagnol à notre arrivée et eux pas un mot d’anglais! Et certains parlent un espagnol très rudimentaire car leur langue est le Tzeltal.

Nous sommes effectivement à des années-lumière de notre jeunesse européenne. Ils nous expliquent que c’est à leur tour d’aider leurs parents, de faire les travaux dans les champs car ces derniers sont âgés et n’ont plus suffisamment de force. Ils désirent avoir une vie meilleure que leurs parents. Ils ont conscience qu’il faut qu’ils unissent leurs efforts, qu’ils se soutiennent pour changer leur monde. La majorité est très imprégnée, formatée par la religion catholique, avec un dieu qui punit: pas de possibilité de mariage avec d’autres ethnies, interdiction de relations sexuelles avant le mariage… Faute d’éducation sexuelle, de moyen de contraception autorisé, le risque donc d’avoir 10-15 enfants comme leurs parents reste élevé, avec toutes les difficultés voire impossibilités que cela suppose pour leur permettre d’accéder à une vie meilleure.

Ils sont très curieux d’en apprendre davantage sur nous, très participatifs et attentifs à nos réponses. La plupart ne sont jamais sortis au delà de la communauté  mais ils disposent d’un portable, donc une ouverture sur le « rêve américain »….

 

Encore une expérience humaine inoubliable

Nous craignions que notre présence au sein de la communauté soit mal perçue … des blancs en voyage.. mais Hélène et Julio nous expliquent qu’au contraire, venir les voir, s’intéresser à leurs travaux, y participer , comprendre leurs conditions de vie les touchent. La population nous sont même reconnaissants d’être là. Ils ont tellement vécu de siècles d’indifférence…

 

Nous passons la nuit au bord de la rivière sous la tente. Nous apprécions l’eau fraîche de la rivière  pour nous laver, il a fait tellement chaud! Soirée de partages autour de fruits au clair de lune. La température est juste agréable maintenant.Par contre nous devons nous lever très tôt. Nous venons d’apprendre qu’il faut qu’on aie quitté la communauté avant 6h du matin car toutes les communautés environnantes ferment leur accès , à cause du coronavirus. Dommage, nous ne pourrons pas continuer les travaux prévus du lendemain.

 

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1 Comment

  • yolande trinite
    Posted 16 juin 2020

    Encore une belle aventure humaine que cette rencontre et votre séjour!
    En fait plein de bonnes volontés se mobilisent ici ou ailleurs et nous connaissons au moins deux autres points de mobilisation au Mexique ,à Oaxaca (pour permettre à des enfants indiens de parvenir jusqu’à des diplômes qualifiants,et leur permettre in fine d’accéder à un poste ,même s’il faut pour ça encore allonger des pesos pour que le dossier soit considéré….et un jeune couple franco-mexicain qui a créé depuis peu une agence de voyages eco et humano responsable « Mexique Essentiel » dans le Yucartan et essaie présentement de récolter des fonds pour des paniers de nourriture pour le village de Dzitas, durement éprouvé dernièrement par une tempête dévastatrice.
    C’est bon de pouvoir toujours compter sur ces points de lumière pour continuer à mettre l’Homme debout!
    Gros bisous de bonne suite de voyage:) où êtes vous à présent?
    Yo

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