Voyage et cancer

Mes voyages thérapeutiques en Inde

Durant les 2 années qui ont suivi la fin de mes traitements oncologiques, je suis partie à 3 reprises en Inde au Kérala pour faire des cures ayurvédiques.

Francis m’a accompagnée et lors du premier voyage, on avait organisé une semaine de repos au coeur des Backwaters près de Allepey , pour se reposer avant de démarrer la cure thérapeutique.On s’était alors laissé bercés par des balades au fil de l’eau sur les canaux : les indiens parlent de la « Petite Venise indienne ».

Durant ce séjour de 5 semaines, je n’ai pas été malade du tout, aucune tourista! J’étais de toute façon entre de bonnes mains à l’hôpital!

Et c’est surtout le premier séjour qui m’a véritablement aidée à tourner la page de cette « année Cancer ». Se retrouver au milieu de patients indiens, à qui le mot cancer ne renvoit pas des visages apeurés comme chez nous, être prise en charge comme tous les autres patients avec des pathologies très différentes de la mienne, sans odeur d’hôpital, pas de blouse blanche, pas de cathéter ni seringues…un dépaysement total qui ELOIGNE à vitesse grand V de la maladie!

 

Partir en voyage au long cours après un cancer, est-ce  possible?

 

On m’a souvent demandé « Tu n’as pas peur de partir après un cancer?  Et comment fais- tu pour ton suivi médical pendant cette année de Tour du Monde? ».

Très tôt, nous avions évoqué notre projet de voyage avec l’oncologue: elle nous avait confortés dans notre idée, en nous conseillant d’envisager de partir une fois les 2 années révolues après la fin des traitements. A l’heure actuelle, mon suivi médical se résume à des visites tous les 6 mois chez l’oncologue avec une prise de sang pour suivre les marqueurs du cancer, ainsi qu’une mammographie et scanner annuels. Je ferai ces contrôles juste avant le départ. Et je vais emporter une ordonnance  pour me permettre de faire ma prise de sang dans 8 mois, quand nous serons en Polynésie, en territoire français. Dans ma tête, je me sens guérie et même si l’oncologue parle plutôt de rémission, la vie continue d’avancer !

Par contre, je ne pourrai pas emmener dans mes bagages ni mon kiné indien, ni ma kiné pour me masser hebdomadairement  les épaules et la nuque pour me soulager de ces douleurs post traitements ! J’essaierai de faire appel aux masseurs locaux en fonction de mon état. J’ai déjà expérimenté le massage thaïlandais, indonésien…En Asie, cela ne devrait pas être un problème! Et qui sait, peut-être l’effet voyage sera une excellente thérapie!

 

Et la gestion des médicaments?

Le plus complexe à gérer, reste mes autres traitements complémentaires homéopathiques. Depuis bientôt 3 ans, j’ai des injections de Viscum Album (extrait de guy de pommier) associé à un deuxième produit Aurum Ferrum qui jouent un rôle d’anti-cancer, qui stimule mon système immunitaire,  ceci à raison de 3 fois par semaine. J’ai la chance d’avoir mon « infirmier » avec moi…mais ces produits ne se trouvent pas partout dans le monde, ou alors à des prix faramineux (j’ai trouvé jusqu’à 250$ pour une boite de 7 ampoules aux US!). Du coup, j’utilise mes enfants ou amis d’amis pour en répartir un peu partout dans le monde ! Je retrouverai mes précieuses fioles à Bangkok, Perth en Australie et à la Nouvelle Orléans. J’ai également remis à mes « mules » des ampoules de vitamine D (à prendre quotidiennement et mensuellement pour tendre à un dosage idéal de protection anti-récidive), quelques boites de compléments alimentaires et granulés homéopathiques destinés à booster mon immunité et stimuler mon foie et mes reins, organes d’élimination.Je vous laisse imaginer le volume de tous ces produits, avec seringues, aiguilles, compresses et désinfectant!  En Australie, je prévois de refaire mon stock de petit matériel d’injection;

Nous avions songé à se faire expédier les médicaments mais la réception de médicaments reste aléatoire en fonction des pays. La douane peut bloquer le colis, et le colis peut rester des jours stockés dans des conditions de température incompatibles avec la conservation des injectables. de la même manière, mes ampoules injectables ne supporteraient pas les températures négatives des soutes des avions.

C’est certain que cela augmente le volume et poids de nos sacs, probablement ce qui nous différencie des jeunes backpackers!