Irkourst, capitale de la Sibérie orientale 

Étape généralement incontournable pour les voyageurs étrangers du transsibérien: Irkourst est la ville la plus proche du lac Baïkal.

7h20, nous descendons du train après 5 jours de voyage depuis notre départ de Moscou, avec seulement 1h de retard sur l’horaire pour 114h de voyage en 5185 km. Même pas 1% en temps de retard…mieux que le trains français! On est enfin content de se défouler les jambes.

Gare d’Irkourst

Petite anecdote, juste avant de quitter notre koupé (compartiment), une « petite » frayeur à chercher désespérément mon passeport dans mes affaires…on a finit par le retrouver dans le sac de Francis! Ouf!

On quitte nos charmantes «co-kouper» Julia, jeune maman russe et sa fille Lera qui vont retrouver leur maison à Babouchkine (à 5h de train d’Irkourst). Elle nous offre sa salière en souvenir… Pratique pour donner un peu de relief à nos tomates et concombres quotidiens! (un des ingrédients clés oubliés dans notre check-list de préparatifs).

Nous parcourons la ville à la recherche de la place du marché pour trouver une marshrutka, sorte de minibus. 

Faire nos emplettes

Comme il n’est que 7h30, on assiste à la mise en place des étals au marché. Chacun est venu vendre sa récolte: fraises, framboises, cassis, fraises des bois, diverses baies à profusion, champignons qui ressemblent à nos bolets, pignons de pin, spécialités du coin qu’on retrouve même dans les glaces (pas mal, d’ailleurs!).

Côté viande et charcuterie, assez semblable à nos étals. Pas mal de poissons du Baïkal, dont l’omoul, sous toutes ses formes : séché, fumé, frais.

Enormément de thé car Irkourst a fortement contribué historiquement au développement de la route du thé, 2° route entre Chine, Mongolie, Russie et Europe après la route de la soie.

Nous profitons du marché pour acheter quelques fruits frais (nectarines de diverses tailles), tomates, concombres (on dirait de gros cornichons), pain noir (on adore!) et du fromage local type maasdam…en vue de nos pique-niques à venir.

Direction « La Riviera du Baïkal »

Irkourst est situé seulement à 70 km du lac Baïkal. Nous prenons une marshrutka (mini bus sans soute, ce qui n’est pas simple avec nos sacs!) pour nous rendre à Listvianka.

Cette petite bourgade de moins de 2000 habitants est en bord du lac sur sa rive occidentale. Elle est la plus proche d’Irkourst et est surnommée « La Riviera du Baïkal »…Attention, on est loin de la « Croisette de Cannes »! Ici les trottoirs qui longent la rive du lac sont défoncés, au point d’être dangereux. Certains tronçons sont condamnés (trous, effondrement) et il faut alors marcher sur la route.

Vodka et goutte en guise de petit dej !

9h du matin, on est dans le mini-bus pour Listvianka. Un futur marié slovaque accompagné de sa famille propose à Francis de trinquer à son mariage qui aura lieu le lendemain. Impressionnante descente en vodka!  Francis en profite pour partager sa flasque de « prune », un cadeau reçu avant le départ! Il y a de l’ambiance dans le bus. Il faut dire qu’ici, on ne boit pas la vodka au shot mais au gros verre.

Listvianka

Listvianka s’étale le long du Baïkal sur 4,5 km jusqu’à l’embouchure de l’Angara. Au pied des vallées boisées se trouvent des habitations en bois typiques et quelques hôtels. En face, la rive du lac, ses bateaux de pêche et vedettes de tourisme. A notre arrivée, le lac est complètement dans la grisaille et on apprend que des incendies de forêt en cours affectent la région. Les fumées perturbent l’atmosphère, au point d’empêcher le soleil de poindre.

Nous nous installons en Airbnb cette fois-ci, dans une maison sibérienne en bois traditionnelle. Notre hôte Igor, un grand russe en tenue de pêche empoigne mon sac, ce qui est bienvenu car cela grimpe sec pour accéder à la maison! Son épouse Popov (une soixantaine d’années) est équipée d’une tablette avec Google traduction pour nous expliquer les consignes! Epatant le progrès numérique.

À peine arrivés, au programme une bonne douche …bienvenue après 5 jours de toilette de chat avec des lingettes! Et bien sur une lessive: notre chambre se transforme en buanderie. On va y rester 3 nuits, tout devrait sécher.

C’est un plaisir visuel que de redescendre la rue depuis le gite au Baïkal : des maisons typiques en bois, chacune avec ses couleurs et boiseries aux fenêtres …je vous partage ma collection de fenêtres !

 

Lac Baïkal, si mythique…

Le Baïkal, appelé  aussi «Mer sacrée » ou « Perle de la Sibérie » a une forme de croissant d’une longueur de 636* 60 km (surface de la Belgique)!

Le roi des superlatifs:

    • la plus grande réserve d’eau douce non gelée au monde : 20%
    • Le plus profond avec 1637 m
    • Le plus transparent jusqu’à 40 m

Il est gelé les 3/4 de l’année avec une épaisseur de glace qui peut atteindre 1,5m. On peut même rouler dessus. 

Pour mieux appréhender sa taille, je cite: « si le lac était vidé, une année entière ne suffirait pas à remplir son bassin en détournant l’ensemble des rivières du monde ». Je trouve aussi intéressant cette superposition du lac sur la carte de France.

A la pêche « OMOUL », moul, moul… 

Le lac Baïkal regorge de variétés d’espèces endémiques de poisson. La spécialité du coin est l’omoul, une variété de saumon souvent consommée fumée. On a pu voir le dimanche beaucoup de russes d’Irkourst, en balade venir se régaler d’omoul sur la plage.

On aurait pu rencontrer le phoque de Sibérie, mais il ne s’est pas montré!

Sur les traces de l’ancien tracé du transsibérien

Heureusement le lendemain, le soleil perce entre les nuages. Probablement la nostalgie du voyage du train qui nous mène à traverser en bac le fleuve Angara, un des effluents du lac, pour aller marcher le long des anciennes voies ferrées .

NB:d’ailleurs, je crois que j’ai le mal de train: plusieurs fois dans le gîte, je me réveille et me crois encore dans ma couchette !

Jusqu’en 1900, la ligne du transsibérien se terminait à Port Baikal. Et le brise-glace Baïkal embarquait les wagons pour une traversée du lac jusqu’à Babouchkine. Puis après d’énormes difficultés techniques, le tronçon ferroviaire Circumbaïkal (70km) a été construit entre à-pics, ponts et tunnels sur la rive sud. Mais à la construction d’un barrage sur l’Angara,  une partie en amont a été engloutie et maintenant nous empruntons une autre voie pour rejoindre la rive opposée.

Il reste cependant cette ancienne ligne Circumbaïkal qui fonctionne pour 3 tortillards par semaine  pour les touristes. Nos jambes feront l’affaire pour quelques km le long des voies très sauvages. Nous marchons à travers une flore très variée avec papillons et bourdons qui virevoltent autour de nous.

Une des premières locos à vapeur est fièrement exposée. En grimpant à l’intérieur, je m’imagine être la conductrice du transsiberien à parcourir 9388 km jusque Vladivostok: vision panoramique à 360° sur les paysages et les wagons …Bon, je vous l’accorde,pelleter le charbon par un froid de Sibérie ne devait pas être aussi fun que cela!

1, 2, 3 on plonge!

Pause sur une plage de grève. Il fait beau et chaud et nous nous laissons tentés par une baignade dans le Baïkal. J’avais déjà mis les pieds la veille et j’en étais ressortie transie…

1,2,3… on ne se pose pas de question, on y va, 3 brassées et on ressort en courant, avant d’être congelés!  Température de l’eau vivifiante, pas plus de 12°!

S’initier au paddle nous aurait bien tenté mais même avec une combinaison, on va attendre les mers chaudes !

Remontée dans le temps en Sibérie 

L’Eco-musée de Talzy nous transporte entre le 17° et 20° siècle par ses vieilles habitations en bois  magnifiques, les isbas. On y découvre la culture de diverses ethnies de Sibérie: les Tofas, semi-nomades avec leur tipi tout en bois, les Evenk chamanes, les cosaques et les Bouriates avec leur yourte.

Nous n’avons pas rencontré la sorcière Baba Yaga, cette méchante des contes de fée russes, mais  seulement sa maison!

Irkourst

Énergisés par le lac Baïkal, nous regagnons Irkourst, ville de 600 000 habitants. Irkourst a encore beaucoup de maisons traditionnelles en bois, même si certaines menacent de s’effondrer. De belles maisons en bois plus ou moins en bon état alternent avec de grands bâtiments plus « mastocs » datant de l’époque soviétique. Le boum touristique de ces dernières années à conduit la ville à reconstruire un quartier entier avec des bâtiments en bois typiques de la Sibérie: le 130 Kvartal, drôle de nom et le résultat nous a apparu bien kitsch. C’est certainement le quartier branché d’Irkourst avec cafés, boutiques, musiciens dans la rue… avec le seul véritable centre commercial moderne de Sibérie orientale…dans un rayon de 3000 km …ça laisse à réfléchir pour aller faire ses courses! 

C’est reparti …dans le transmongolien pour Ulan Bator

Départ à 8h pour 24h de train direction Ulan Bator, capitale de la Mongolie…savourons les derniers 717 km russes jusqu’à Naouchki, la frontière russo-mongole.

   Envoyer l'article en PDF   

1 Comment

  • Garbin Yahanatou
    Posted 31 août 2019

    C est toujours merveilleux de vous livre et de vivre à travers vos expériences et rencontres
    Grosses bises les veinards

Leave a comment